Le suicide d’un salarié est un événement particulièrement éprouvant pour une organisation, pour les personnes qui travaillaient à ses côtés. Même lorsqu’aucun lien avec le travail n’est établi, le décès peut provoquer un choc important dans le collectif.
Lorsqu’un suicide ou une tentative de suicide survient sur le lieu ou pendant le temps de travail, l’organisation doit également répondre à des obligations spécifiques et s’interroger sur les éventuels facteurs professionnels impliqués.
Comment réagir après un suicide au travail ? Comment accompagner les collègues en souffrance ? Et comment prévenir les risques psychosociaux après un tel événement ?
Que faire après le suicide d’un salarié
La priorité est de gérer l’urgence et de protéger les personnes exposées à l’événement. Lorsque le suicide ou la tentative de suicide survient sur le lieu de travail, les secours doivent être alertés et les salariés confrontés à une scène potentiellement traumatisante doivent être protégés.
Le suicide au travail constitue également un signal d’alerte pour l’organisation. L’INRS rappelle qu’il est nécessaire, après la phase d’urgence, d’analyser l’événement et de rechercher d’éventuels facteurs professionnels, par exemple avec une enquête à la suite d’un événement suicidaire menée par un cabinet externe comme TOIT de SOI, ou menée en interne en se formant au sujet.
Comment annoncer un suicide en entreprise ?
L’annonce doit reconnaître la gravité de l’événement sans diffuser d’informations personnelles ou non vérifiées.
Il est également important de ne pas tirer de conclusions hâtives sur les causes du suicide. Les raisons d’un passage à l’acte sont complexes et peuvent relever de plusieurs facteurs.
Le message transmis aux salariés doit permettre de reconnaître ce qui s’est passé, d’indiquer les dispositifs d’aide disponibles et de rappeler que chacun peut solliciter un accompagnement.
Comment accompagner les salariés après un suicide au travail ?
Après un suicide, certains salariés peuvent ressentir de la tristesse, de la colère, de l’incompréhension ou de la culpabilité. Les collègues proches de la victime ou les personnes ayant découvert ou été témoins de l’événement peuvent être particulièrement touchés.
Un accompagnement psychologique des salariés peut être proposé, individuellement ou collectivement, en lien avec les acteurs de la santé au travail, comme TOIT de SOI.
Le ministère du Travail rappelle que l’employeur doit prendre des mesures adaptées pour protéger la santé mentale des salariés affectés par l’événement, notamment par des dispositifs d’écoute ou de soutien psychologique.
Quels sont les signaux d’alerte après un suicide ?
Après un tel événement, certains changements de comportements chez les collègues doivent attirer l’attention : isolement, fatigue inhabituelle, anxiété, irritabilité, perte de repères, difficultés à travailler ou à communiquer.
Il faut également rester attentif aux salariés qui semblent ne présenter aucune réaction immédiate : le besoin d’aide peut apparaître plus tard.
Les managers n’ont pas à poser eux-mêmes un diagnostic. Leur rôle est plutôt de rester disponibles, d’écouter sans jugement et de savoir orienter vers les professionnels compétents, ou vers le dispositif d’écoute mis en place.
Et après une tentative de suicide au travail ?
Une tentative de suicide constitue elle aussi un événement majeur pour le collectif de travail. L’urgence médicale et la protection de la personne concernée restent prioritaires.
Pour les collègues, cette situation peut générer inquiétude, incompréhension ou peur d’un nouvel événement. Un accompagnement psychologique des salariés peut alors être proposé à la personne concernée et aux salariés touchés.
L’INRS recommande également, après la phase d’urgence, d’analyser les circonstances de l’événement afin d’identifier d’éventuels facteurs professionnels et d’engager des actions de prévention.
Pourquoi analyser les facteurs de risques psychosociaux (RPS) ?
Un suicide ne peut pas être automatiquement attribué au travail. En revanche, lorsque l’événement survient, l’organisation doit pouvoir s’interroger sur les conditions de travail et les éventuels facteurs ayant pu contribuer à une situation de souffrance.
Charge de travail, exigences émotionnelles, manque d’autonomie, conflits, violences, harcèlement, manque de reconnaissance ou insécurité professionnelle font partie des facteurs de RPS identifiés par les organismes de prévention.
Cette analyse ne vise pas à désigner un responsable, mais à comprendre la situation et à identifier d’éventuelles actions de prévention du suicide.
Prévenir les comportements suicidaires au travail
La prévention des comportements suicidaires au travail consiste à créer, en amont, les conditions permettant de repérer une situation de détresse et d’agir avant qu’elle ne devienne critique. Les managers, les RH et les professionnels de santé au travail ont un rôle important à jouer dans cette vigilance collective : savoir reconnaître certains changements de comportement, adopter une posture d’écoute, savoir comment réagir face à un signal préoccupant et orienter vers les ressources adaptées.
C’est tout l’enjeu d’une formation à la prévention des comportements suicidaires au travail. Il ne s’agit pas de médicaliser les relations professionnelles ni de demander aux managers de se substituer aux professionnels de santé, mais de leur donner des repères concrets pour savoir quoi faire face à une situation préoccupante. Découvrez cette formation à la prévention des comportements suicidaires au travail.
Comment TOIT de SOI peut accompagner votre organisation ?
TOIT de SOI accompagne les organisations confrontées à un suicide, une tentative de suicide ou un événement dramatique ayant fortement impacté un collectif de travail.
L’accompagnement peut associer soutien psychologique en entreprise, accompagnement des équipes et des managers, analyse de la situation et prévention des RPS. Il est également possible de former ses équipes en prévention du risque de suicide.
L’objectif est d’aider l’organisation à gérer l’urgence, accompagner les salariés dans la durée et engager une véritable démarche de prévention.
